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Hier soir alors que j’étais au centre ville cherchant à trouver un taxi pour rentrer chez moi, la ville est tombée dans l’obscurité totale. Coupure d’électricité ! J’ai entendu les générateurs démarrer avec un bruit assourdissant. Indifférence totale des kinois qui sont plus qu’habitués à ces coupures.
Arrivé chez moi, c’était l’obscurité totale. Je me suis éclairé avec mon téléphone portable avant de trouver ma vieille lampe tempête. Impossible de démarrer mon ordinateur pour travailler, je suis allé tout de suite au lit. Certaines personnes prétendent que le congolais n’est pas travailleur mais le congolais que je suis voulait travailler hier mais n’a pas pu le faire non pas parce qu’il est paresseux mais parce qu’il n’y avait pas de courant.
Je sais que pour certains, même parmi des autorités de la SNEL (Société Nationale d’électricité), une coupure d’électricité c’est rien parce qu’ils ont des générateurs chez eux mais pour ceux qui n’en ont pas et qui n’ont pas les moyens de s’en offrir, ces coupures intempestives d’électricité, c’est carrément l’enfer. C’est l’occasion avec le noir pour des bandits de dépouiller les pauvres citoyens.
Ce que je trouve surprenant c’est qu’il y a au Congo une des centrales hydroélectriques les plus puissantes d’Afrique. Le barrage d’Inga est exploité à moins de 50 % de sa capacité et le courant électrique produit est même exporté.
Quelque chose de positif : j’ai dormi tôt hier malgré moi et ce matin je suis en forme.
Posté par Cédric Kalonji | 27 juin 2007 10:14:21 | Commentaires (13)

Bientôt deux ans que ce Blog existe. Très bonne expérience
et je suis très heureux qu’il réunisse avec juste de simples textes des images des
gens de partout. Des commentaires il y en beaucoup. Certains sont encourageants
et d’autres moins. Plusieurs personnes surtout parmi les congolais qui vivent à
l’étranger m’accusent de vendre une mauvaise image du pays, de ne parler que de
ce qui ne marche pas. Ils me demandent de parler de choses positives.
J’avoue que j’expose le plus souvent de choses qui ne vont pas dans mon pays
mais sur ce Blog, je ne fais que parler de ce que je vis personnellement au
jour le jour selon mon humeur du jour ou du moment. Je ne vais pas fouiner pour
trouver ce qui ne va pas et je ne vais pas vers l’information. Tout ce que
j’écris, je le vis moi-même.
Je suis un congolais ordinaire. Je travaille comme la majorité des congolais juste
pour gagner assez pour nouer les deux bouts du mois. Tous les matins pour me
rendre à mon lieu de travail, je suis obligé de faire la course pour attraper
un taxi et je me retrouve souvent serré à quatre sur la banquette arrière. Il
m’arrive souvent de devoir m’arrêter de travailler parce qu’il y a une coupure
de courant. Ça fait quatre jours que l’eau ne coule pas des robinets chez moi.
Plusieurs fois quand je rentre tard, je me fais arrêter par des hommes en armes
qui ne veulent qu’une chose : me dépouiller de mon téléphone portable, de
mon appareil photo et de mon argent.
Je sais qu’il y a des choses positives qui se passent au
Congo mais je n’en vis pas beaucoup personnellement. Je serais très heureux de
voir un jour un Blog qui ne parle que des choses positives sur le Congo.
Que faire ? Me taire ou continuer de parler naturellement de ce qui se
passe autour de moi ?
Posté par Cédric Kalonji | 26 juin 2007 12:03:26 | Commentaires (25)

On parle de Cédric Kalonji et de son Blog dans le journal Le
monde. Je suis très fier que l’on parle aujourd’hui du Congo dans ce grand
journal. Cet article me donne de l’espoir parce qu’il ne parle pas de la
guerre, de la misère ou des politiques. On parle d’un jeune congolais qui
arrive à réaliser quelque chose avec peu de moyens.
J’ai toujours soutenu que pour que le Congo se développe, chaque congolais doit
travailler sérieusement avec les moyens qu’il a. C’est une grande fierté pour
moi. On parle de moi et de mon pays que j’aime beaucoup dans un grand journal juste
parce qu’avec un appareil photo, un ordinateur et quelques minutes, j’écris et
je parle de ce que je vis au quotidien.
Le lien de l’article sur le site du journal le monde.
Posté par Cédric Kalonji | 25 juin 2007 20:10:19 | Commentaires (27)

Hier j’ai travaillé jusque tard dans la nuit. Vers 1 heures du matin j’ai entendu des bruits pas loin de chez moi. Je suis sorti et j’ai vu que c’était une des prostituées du coin de ma rue qui se battait avec un de ses clients.
Elles sont là tous les soirs déjà vers 22 heures, à moitié habillées et elles se cachent à l’ombre à l’attente de clients potentiels. Un peu plus tard dans la nuit, elles se déshabillent carrément pour s’exposer à la lumière des phares des voitures. C’est une stratégie marketing pour attirer des clients et ça marche bien apparemment.
Le bruit d’hier soir était dû au fait qu’une des prostituées qui devait avoir environ 15 ans, retenait son client qui lui devait être dans la quarantaine parce qu’il ne donnait que 500 francs congolais alors qu’elle en voulait 1000 [1$ américain = 500 francs congolais]. Dispute a alors éclaté. 500 francs c’est le prix avec préservatif mais apparemment ce client là avait préféré faire sans. Il devait donc payer le double.
Il y a quelques mois, je suis sorti dans la nuit parce qu’il y avait des cris à proximité de chez moi. C’était une prostituée qui venait de se faire violer par des enfants de la rue. Je ne pense pas qu’ils aient mis des préservatifs pour le faire. Il est aussi fréquent que des policiers ou militaires patrouillant dans la nuit les arrêtent et exigent des faveurs sexuelles en amande avant de relâcher les filles.
Très dur de vivre ce genre de scènes. Hier en voyant cet homme qui venait de coucher avec une fille qui aurait pu être sa propre fille pour 500 francs congolais j’ai eu envie de vomir. Je ne sais pas comment ils font mais je sais que si ces filles trouveront toujours des clients c’est parce qu’il y aura toujours des hommes sans scrupules. S’il n’y avait pas d’hommes qui acceptent de payer pour coucher avec ces filles, elles auraient sans doute cherchés à faire autre chose.
Il faut quand même reconnaître que des boulots, ce n'est pas ce qu'il y a en trop au Congo. Chacun essaie de faire comme il peut. Pour une fille qui n'a pas été à l'école le choix n'est pas très large. A qui la faute?
Posté par Cédric Kalonji | 21 juin 2007 17:37:49 | Commentaires (35)

Posté par Cédric Kalonji | 20 juin 2007 10:49:03 | Commentaires (8)

Cher Serge, je t’écris ce jour les larmes aux yeux. Tu ne fais plus partie de ceux qu’on appelle les vivants. Je me souviens bien du soir où t’ai vu pour la dernière fois lors de mon passage à Bukavu au mois de janvier dernier. Tu es venu me chercher à mon hôtel pour m’amener chez toi. Tu avais organisé une soirée avec tes amis. Je te revois dansant avec Cathy ton épouse.
Je ne pourrai désormais plus t’appeler pour te demander de venir me chercher à l’aéroport quand je viens à Bukavu, je ne pourrai plus te demander de me recevoir chez toi, je ne pourrai plus compter sur toi pour me sortir dans Bukavu, cette ville que je peux affirmer connaître aujourd’hui parce que tu me l’as fait découvrir.
J’ai appris la nouvelle de ton assassinat au pied de l’avion alors que je revenais au Congo après un séjour de trois semaines en France. La veille nous parlions de toi avec un ami commun qui m’a chargé de te transmettre un message. Pourquoi t’ont-ils tués ? Qu’avais-tu fait ? Je ne sais pas à ce jour mais il y a une chose que je sais, ceux qui ont fait ça sont des lâches.
On parle de plus de 4 millions de morts depuis le début de la guerre au Congo. Serge Maheshe, ils font de toi un martyr de plus parmi tous ces congolais tombés, tous victimes de la cupidité de leurs frères qui ont oubliés le sens de la famille et de la solidarité, valeurs faisant pourtant la fierté de la culture africaine. A qui profite toutes ces tueries ? Il y en a qui se sont remplis les poches, qui ont échangés vos vies contre de l’argent et des biens matériels, les mains ensanglantées.
Ont-ils pensés à Cathy ? Ont-ils pensés à Christophe et Antonio, ces deux petits anges innocents que tu laisses derrière toi et qui grandiront sans père? Ont-ils pensés à nous tes amis ? Sûrement pas. Ceux qui ont voulu ôter ta vie peuvent être satisfaits aujourd’hui. Un ennemi ou adversaire de moins mais ne mourront-ils pas eux-mêmes un jour ? Pourront-ils verser des larmes s’ils perdaient eux des êtres qui leur sont chers ?
Tu es un digne fils du Congo. Tu es mort Serge mais tu restes vivant dans nos cœurs et dans le mien particulièrement. L’édifice que tu as commencé, nous ferons de notre mieux pour l’achever. Bon repos mon frère !
Posté par Cédric Kalonji | 18 juin 2007 15:35:12 | Commentaires (4)

Ça fait des années que les pièces de monnaie ont disparues
de la circulation au Congo. A Paris je retrouve les pièces et je me rends
compte que j’ai du mal à me retrouver avec. Chez moi au Congo tout se fait avec les
bons vieux billets.
Il y a quelques jours, j’ai donné une pièce à un mendiant dans le métro. Pour moi
c’était juste une pièce sans valeur mais c’est après réflexion que j’ai réalisé
que je venais de donner environ 700 francs congolais à un inconnu.
Les pièces reviendrons-elles au Congo ? Je ne sais pas trop et en plus
personne n’en parle. Entre temps nous nous contentons de nos blessés de guerre.
Posté par Cédric Kalonji | 04 juin 2007 13:43:00 | Commentaires (17)

J’ai bien ri en voyant ces panneaux partout dans Paris. « J’aime
mon chien, je ramasse ». Venez au Congo dans le Kasaï ou dans l’équateur et
on vous dira : « j’aime mon chien, je le mange ».
Je comprends bien pourquoi on parle de « vie de chien ». Il serait
peut temps que les chiens congolais commencent aussi à s’exiler en Europe pour
sauver leur peau. Je pense que c’est le moment étant donné que l’immigration
choisie ne concerne encore que les humains.
Posté par Cédric Kalonji | 29 mai 2007 16:21:48 | Commentaires (10)

Troisième
jour de séjour à Paris. Je commence à me faire à ma vie de Parisien mais j’essaie
quand même de garder mes habitudes congolaises. Il faut me voir me disputer des
places dans le métro. C’est trop marrant ! Je m’en sors très bien et j’ai
toujours une place assise. Ça se voit tout de suite que je suis bien entraîné.
Beaucoup de choses changent par rapport à ma vie kinoise mais jusque là ça
va. Paris me plait bien et je ne me sens pas trop perdu. Je peux enfin mettre mon
pull qui n’a pas servi depuis que je l’ai reçu de ma mère il y a environ 12 ans.
Je trouve drôle et assez compliqué de devoir me repérer dans Paris avec une
carte alors qu’à Kinshasa je peux me promener les yeux fermés.
Autre chose : la connexion Internet est super bonne ici et ça coûte
de loin moins cher qu’à Kinshasa. Pas de coupure d’électricité depuis que je
suis là, l’eau coule toujours des robinets et elle est buvable sans la
bouillir.
Sans doute traumatisé parce que je me suis fait fouiller plusieurs fois la nuit
ces dernières semaines par des hommes en armes à Kinshasa, à un moment hier
alors que je suis sorti un peu tard, je voulais vite rentrer de peur de me
faire dépouiller par des hommes en arme. J’ai heureusement vite réalisé que j’étais
à Paris et qu’il y avait très peu de chance que cela ne m’arrive.
Posté par Cédric Kalonji | 29 mai 2007 15:37:58 | Commentaires (4)

Je
suis à Paris depuis hier matin. Environ 8 heures d’avion. Pas très agréable le
voyage. J’ai voyagé en classe économique et autant dire que ce n’est pas à ma
taille. Trop coincé et pas moyen de dormir.
C’est la première fois que je pars aussi loin de mon Congo. Départ de Kinshasa
à 21 heures et arrivée à Paris à 6 heures du matin. En atterrissant à
l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, je me suis tout de suite
rendu compte que j’étais dans un tout autre monde. Aéroport de loin plus grand,
beaucoup plus propre et bien plus organisé que celui de Ndjili à Kinshasa.
Timothée
est venu me chercher à l’aéroport. Nous avons pris un beau taxi parisien,
sommes passés par chez lui le temps de déposer mes bagages et nous sommes
sortis nous balader dans Paris. Superbe ville, belle architecture, autant dire
que ça n’a rien de pareil avec mon Congo.
Pas
de nids de poule sur les routes, transport en commun qui marche très bien, rues
bien propres,… Je me demande pourquoi nos dirigeants africains qui se rendent
souvent dans des pays comme la France et qui voient comment ça marche,
n’essaient pas de faire pareil chez eux.
Nous
vivons tous les jours des réalités comme Mobutu qui tombe malade et qui doit se
rendre en France pour se faire soigner. Pourquoi n’a-t-il pas d’hôpital bien
chez lui ? Que sont censés faire ceux qui n’ont pas les moyens de se payer
des billets d’avion quand ils sont malades ? Mourir en silence ?
Je compte bien profiter de mon séjour en France mais je pense que je dois quand
même faire un effort pour ne pas perdre mes habitudes congolaises du genre se
mettre à deux sur le siège avant dans les taxis.
Posté par Cédric Kalonji | 28 mai 2007 11:58:13 | Commentaires (28)