Kinshasa frappée par un nouveau sinistre

Une trentaine de morts et de plusieurs blessés, tel est le bilan des inondations occasionnées par les orages du jeudi dernier à Kinshasa. Certaines de ces victimes se sont retrouvées prisonnières sous les décombres de leurs habitations qui se sont écroulées et d’autres sont morts par électrocution avec les câbles électriques nus et à découvert de la société nationale d’électricité(SNEL).
J'ai rendu visite hier après-midi à quelques familles sinistrées à Binza Pigeon entre des montagnes rongées par des érosions. Les habitants de ce quartier, enfants comme adultes se battent comme ils peuvent pour maîtriser les érosions et arrêter ou détourner les eaux pour ne pas voir leurs habitations emportées.
Le but de notre visite avec mes amis était d’aider ces familles à sauver ce qui leur restait et reconstruire leurs baraques.
Ça m’a fait vraiment bizarre de voir des familles entières vivre dans une totale précarité. Quand il pleut, ils ne peuvent pas dormir. Tous les ans pendant la saison des pluies il y a des maisons qui s’écroulent faisant plusieurs victimes mais après les averses, ces gens reconstruisent tout en espérant que la nature sera plus clémente avec eux. Ils n’ont pas d’autre choix, pas d’autre endroit où aller. Ils sont tous pauvres et n’ont pas les moyens de payer un loyer dans un quartier correct. Ils restent donc là, piégés et attendant la mort.
À cinq minutes de là, un quartier résidentiel avec des villas luxueuses occupées pour la plupart par les riches politiciens. Pendant qu’on s’atèle à démolir les « constructions anarchiques », de milliers de personnes sont obligées de risquer leurs vies juste pour avoir un endroit pour dormir.
Témoignage d’un des sinistrés
Posté par
Cédric Kalonji
| 30 octobre 2007 11:46:04
|