Cédric au Congo

Avril 2006

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Mercredi 26 avril 2006

Encore un peu de chemin à faire et il n'y aura plus d'électricité au Congo

Tous les congolais seront sûrement d’accord avec moi si je disais que nous retournons petit à petit à la vie du village comme ont vécu nos ancêtres sans électricité et devant faire de kilomètres pour avoir de l’eau.

C’est de plus en plus fréquent et je l’ai encore vu aujourd’hui aux  informations à la télévision, un incendie provoqué par un groupe électrogène qui donne la mort à plusieurs personnes.

Ce n’est plus étonnant pour le commun des congolais de manquer plusieurs jours de l’électricité et le commerce de groupes électrogènes est devenu un des plus fructueux.

Certaines villes comme Mbandaka manquent d’électricité depuis des années et le reste des villes du pays rejoignent petit à petit le club.

Coupures intempestives, délestages… Nous y sommes tous habitués. Durant mon séjour a Bukavu, il s’est abattu un gros orage sur Kinshasa qui a causé la mort de plusieurs personnes pour la plupart électrocutées et ce parce que dans la plupart de cités de Kinshasa, les câbles de la SNEL (Société Nationale d’électricité) qui étaient enterrés sous sol sont à ce jour bien visibles et pas du tout ou très mal isolés.

Le plus surprenant dans cette situation c’est que malgré le fait que techniquement la SNEL ne marche plus, le service de facturation marche très bien et les factures sont de plus en plus coûteuses.

Je me souviens qu’il y a quelques mois, les habitants de Bandalungwa à Kinshasa ont mis le feu aux bureaux de la SNEL de leur commune parce que des agents sont passés déposer de factures plus coûteuses qu’à l’accoutumée alors que toute la commune est restée plus d’un mois sans électricité.

C’est bizarre de manquer d’électricité dans un pays comme le Congo qui a un des plus puissants barrages hydroélectriques d’Afrique (INGA). Bon j’admets quand même que sur les six turbines que compte la centrale d’Inga I, quatre sont fonctionnelles. Pour Inga II trois turbines seulement sur les huit sont en marche.

Lorsqu’on pose la question aux autorités de la SNEL, toutes les excuses sont bonnes… Ils rejettent sur la population la responsabilité prétextant les raccordements anarchiques et la mauvaise utilisation de l’énergie.

Ils peuvent bien avoir raison mais n’est ce pas leur boulot de connecter correctement leurs abonnés et de veiller à la conformité des raccordements?


Pendant qu’on se rejette la responsabilité, le manque d’électricité fait toujours de victimes.

Nos riches dirigeants ont de quoi s’offrir de groupes électrogènes et du carburant pour les faire fonctionner.

Et les congolais ordinaires dans tout ça ???

Posté par Cédric Kalonji | 26 avril 2006 14:48:15 | Commentaires (7)

Mots clés : Société, Electricité, SNEL.

Dimanche 23 avril 2006

Prions mes frères et soeurs et tout ira mieux au Congo

C'est dimanche aujourd'hui et comme d'habitude, je me repose pour être en forme lundi au travail. Je ne suis pas sensé me réveiller tôt mais je n'ai pas vraiment le choix parce que je suis entouré de trois églises qui me réveillent avec leur musique.

 

Je crois que c'est pour cette raison qu'on parle d'églises de réveil pour designer tous ces petits groupes ou sectes.

 

J'en ai déjà parlé, les congolais sont très attachés à la religion et se retournent vers Dieu pour trouver de solutions à leurs multiples problèmes.

 

Aujourd'hui au Congo, être pasteur est très lucratif comme business et les politiciens le savent et en profitent. Je vais citer l'exemple d'Honoré Ngbanda qui dirigeait la sécurité du dictateur Mobutu et qui était pasteur et avait sa propre église pleine d'adeptes.

 

Plein de congolais croient dur comme fer qu'ils n'ont qu'à prier ou jeûner pour avoir de solutions à leurs problèmes.

 

Aujourd'hui vous n'avez pas le droit de vous plaindre même si vous êtes dérangés par les bruits d'une église à proximité. C'est permis et il y a quelques jours, en rentrant du travail, il a fallu faire un détour parce que la route par laquelle nous passons d'habitude était barrée parce qu'il y avait une « campagne d'évangélisation ».

 

Les politiciens profitent de l'attachement des congolais à la religion. C'est de plus en plus fréquent de voir de versets bibliques sur les calicots de publicité des partis politiques. Ce n'est pas étonnant non plus de voir à la télé, un reportage de plusieurs minutes montrant un dirigeant politique à l'église.

J'ai même suivi une fois une prédication disant qu'il ne servait pas de sortir dans la rue pour réclamer les choses, que les dirigeants que nous avons ont été choisis par Dieu et qu'il fallait prier pour de solutions aux nombreux problèmes du Congo.

Ceux qui donnent ce genre de messages, moi je les appelle les marchands d'illusions et je pense que les congolais doivent prendre leur destin en main.

Posté par Cédric Kalonji | 23 avril 2006 19:05:40 | Commentaires (15)

Lundi 17 avril 2006

Halte à la corruption au Congo !

C’est une scène banale de voir un policier de roulage sensé régler la circulation recevoir de l’argent d’un conducteur. Cela ne se fait même plus discrètement et beaucoup trouvent cela normal.

 

Aujourd’hui en me rendant au boulot par taxi, le chauffeur s’est fait prendre par de policiers qui sont entrés dans le véhicule discrètement alors qu’il s’était arrêté pour déposer un de ses clients. Première de choses, ils lui ont demandé les papiers de la voiture. Il les a présenté et tout semblait dans l’ordre mais ce n’était pas suffisant. On lui reprochait de s’être mal garé, ce qui était vrai.

 

Je savais bien ce qui allait suivre parce que je suis comme un grand nombre des congolais habitué à ce genre de scènes. J’étais l à et je suivais la scène sans rien dire. Un des policiers a demandé au conducteur de donner de l’argent pour qu’il soit libéré. Il a mis sa main dans sa poche et a sorti 500 francs Congolais qu’il a tendu aux deux policiers. La discussion a changé de thème. On ne parlait plus de l’infraction mais du montant du pot de vin. Après environ 10 minutes de discussions, le conducteur a ajouté 500 francs congolais et les policiers sont descendus du véhicule et sont partis avec leur butin. Sa faute était donc oubliée.

 

Le système fonctionne comme ça et c’est systématique. Dans les grands coins de la capitale, pour ne pas se faire tracasser, les chauffeurs taxi s’organisent pour donner 100 francs congolais chacun a chaque tour qu’ils font.

 

Ils peuvent ne pas savoir conduire, ne pas avoir les papiers du véhicule mais tant qu’ils donnent les 100 francs, ils sont à l’abri de toute tracasserie.

 

C’est étonnant de voir comment la corruption fait partie de la vie des congolais. J’étais au Burundi en vacances il y a un peu plus d’une semaine et je n’ai pas vu une seule fois une scène de ce genre. Quand un conducteur se fait prendre par un policier, ce dernier vérifie que les papiers du véhicule soient dans l’ordre, que tout (feux de position, phares…) marche bien et donnait de conseils au conducteur pour qu’il ne retombe pas dans la même faute.

 

Avec de telles réalités qui sont connues de tous, je me demande comment le Congo va s’en sortir. Je ne vais pas condamner les dirigeants bien que ce soit eux qui sont en tête et qui laissent faire ces choses mais je crois que le problème de corruption concerne tout congolais.

 

La corruption ne fait pas avancer le pays mais le fait reculer et c’est ridicule et gênant. Toyokaka pe soni…

Posté par Cédric Kalonji | 17 avril 2006 20:41:20 | Commentaires (4)

Mots clés : Kinshasa, Société, Corruption.

Samedi 15 avril 2006

Je suis malade

Avant de partir en vacances, je ressentais déjà les malaises mais j’ai fait semblant de ne rien avoir parce que je ne voulais pas annuler mon voyage. Quelques jours avant mon retour j’ai commencé vraiment à me sentir mal.

 

Je suis rentré à Kinshasa Lundi soir. Mardi matin je suis allé travailler et ce n’est que le soir que je me suis dit qu’il fallait vraiment que j’aille à l’hôpital.

 

Je me suis fait examiner et le médecin me dira que j’ai une très forte malaria ; elle était même étonnée de me voir marcher.

 

Là je suis sous cure de Quinine et ce n’est pas drôle du tout. Normalement je ne dois même pas travailler mais c’est plus fort que moi. J’ai trouvé une excuse pour me déplacer et je me retrouve dans un cybercafé.

Posté par Cédric Kalonji | 15 avril 2006 16:51:34 | Commentaires (4)

Mardi 11 avril 2006

Retour a Kinshasa

Retour a la maison depuis hier soir. Nous avons atterris à Kinshasa vers 19 heures alors que j’avais pris le premier avion à 8 heures.

 

C’est le prix à payer pour voyager avec Air MONUC. En quittant Bukavu, nous avons pris un Antonov qui nous a emmenés jusqu'à Kindu pour une escale de quelques minutes. De Kindu nous sommes allés à Entebbe toujours en Antonov et le vol a duré 2 heures 30. Après une heure, nous avons volés pour Kisangani, dernière étape avant Kinshasa.

 

Pendant mon escale à Entebbe, j’ai eu le temps de me rendre compte que l’aéroport était bien mieux que celui de Kinshasa. Très propre, c’était possible de se connecter à Internet sans fil, pas plein de gens ou services qui cherchent par tous les moyens a vous soutirer de l’argent… j’avoue que j’étais vraiment jaloux. Bakonzi na biso bakendaka ba mboka wana nionso et meme na poto… est ce que bakoki kobongisa te ? Soni mingi tango bapaya bayaka Komona bosoto ebandi kaka na aéroport.

 

Fini les vacances, je vais me préparer pour aller travailler. J’ai bien aimé faire un tour dans l’est et j’y retourne des que je peux cette fois-ci pour aller jusqu’en Tanzanie.

Posté par Cédric Kalonji | 11 avril 2006 08:42:28 | Commentaires (4)

Vendredi 07 avril 2006

Matinée mouvementée a Bukavu.

Je suis revenu à Bukavu hier après-midi après un séjour de trois jours à Bujumbura, capitale de la république du Burundi.

Je me suis réveillé ce matin avec de coups de feux et de bruits de pas dans la parcelle dans laquelle je vis. Je me suis levé et en regardant par la fenêtre, j’ai remarqué qu’il y avait une course poursuite entre de militaires et de jeunes.

Je suis sorti et dans les rues, il y avait plein de militaires Congolais et de casques bleus de la MONUC à bord de leurs chars de combat.

Je me suis renseigné et j’ai appris qu’il y avait une manifestation des habitants de la commune de Kadutu qui réclamaient plus de sécurité. Pendant la nuit des hommes armés ont tenté d'investir une maison sans doute pour voler et piller.


La police militaire aurait mis la main sur les présumés auteurs de cette attaque et c’est lorsque la nouvelle s’est répandue que ces bandits auraient été libérés que la population est descendue dans les rues se dirigeant vers le cabinet du Gouverneur de la ville.

Essayant de disperser les manifestants les soldats ont tirés et une fillette de 17 ans a été tuée d’une balle dans la tête.

Depuis que je suis à Bukavu, il y a eu quatre meurtres. Le jour de mon arrivé, trois personnes de la même famille, une mère et ses deux enfants ont été tuées par des hommes en armes qui ont d’abord pris quelques biens et de l’argent.

Ici à Bukavu à 20 heures déjà les rues se vident et tout le monde rentre chez lui. J’ai eu la peur de ma vie aujourd’hui parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas vécu une telle situation.

Posté par Cédric Kalonji | 07 avril 2006 11:45:39 | Commentaires (5)

Mercredi 05 avril 2006

Le transport en commun à Bujumbura Marche!

Le transport en commun marche a bujumbura. J’ai cru rêver en voyant qu’il y avait plein de bus, de taxis bus et de taxis. Tous les véhicules de transport doivent avoir la même couleur et le nombre limite des passagers est imprimé visiblement  Pas question de dépasser le nombre maximum.

Il suffit de lever le doigt pour voir un taxi tout beau s’arrêter. J’en ai pris un et le conducteur m’a emmené jusqu'à destination tout seul. C’est vraiment différent des taxis de Kinshasa ou il faut se mettre jusqu'à 4 sur la banquette arrière et deux devant à coté du conducteur.

 

Cool ! J’en profite pleinement et je me demande comment faire pour emmener avec moi ces taxis à Kinshasa.

Posté par Cédric Kalonji | 05 avril 2006 12:20:19 | Commentaires (11)

Lundi 03 avril 2006

Arrivée à Bujumbura capitale du Burundi

Je suis arrivé a Bujumbura vers 14 heures, heure locale. Le voyage en minibus qui a duré environ 4 heures m’a coûté 7.5 $ US. Il a fallu passer par le Rwanda puis ressortir au Burundi. Il me fallait donc avoir un visa pour passer la frontière du Rwanda et celle du Burundi ensuite.

J’avais le choix d’utiliser mon passeport et payer le visa a 40$ ou tout simplement acheter un laissez-passer a 5 dollars au bureau de la DGM (Direction générale de migration). J’ai donc choisi d’acheter le laissez-passer.

A la frontière du Rwanda, nous avons tous présentés nos laissez-passer, rempli un formulaire d’entrée. Un petit cachet sur le laissez-passer et c’était bon. A la sortie du Rwanda avant d’entrer au Burundi, présentation des laissez-passer, signature et c’était bon.

Arrivés au point d’entrée au Burundi, il a fallu payer 2000 Francs Burundais (2$ Américains) avant de passer.

C’est la première fois que j’arrive ici. Bujumbura est une toute petite ville bien sympa. Au début j’avais peur de faire de photos mais peu a peu je me suis rendu compte que les policiers n’étaient pas comme ceux de mon cher Congo. Ils ne sautent pas sur le gars qui fait des photos histoire de se faire un peu d’argent.

Posté par Cédric Kalonji | 03 avril 2006 18:29:33 | Commentaires (3)