Cédric au Congo

Mars 2006

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Vendredi 31 mars 2006

Voyage a Bukavu dans le Sud-Kivu

Eh oui, comme Tintin au Congo, Cédric Kalonji à Bukavu. C’est la deuxième fois que je viens à Bukavu dans le Sud-Kivu dans l’est de mon pays. La première fois c’était au mois de juillet de l’année dernière. Je suis tombé amoureux de cette ville montagneuse et cette fois-ci j'y suis en vacances. Je n’ai pas vraiment l’impression de me trouver au Congo et c'est vraiment différent de Kinshasa.

 

On parle Swahili ici, La ville n’est pas couverte de sachets, Il y a de poubelles dans les grands coins…

 

Je suis arrivé hier après-midi et je n’ai pas jusque là vu de shégué. Oh ! Il y a de taxis ici et ce matin en sortant, il a juste fallu que je lève le doigt pour qu’un taxi flambant neuf s’arrête pour me prendre.

 

Le point commun le plus frappant avec Kinshasa c’est le mauvais état des routes. Celle qui mène à l’aéroport est la plus pire. 40 kilomètres de nids de poules ce n’est pas drôle et j’avoue que c’était bien plus fatiguant que les trois heures d’avion.

 

Ce qui me surprend le plus ici c’est que malgré tous les traumatismes qu’ils ont subis avec les nombreuses guerres, les gens n’ont pas perdu leur sens de l’humour et ils sont très sympas.

 

Autre chose, fromage, viande et pomme de terre et d’autres trucs coûtent moins cher. Je crois que je vais prendre quelques kilos.

 

Je reste ici dix jours mais je vais essayer de faire un tour dans un des pays voisins, Rwanda ou Burundi histoire de voir comment ils vivent.

Posté par Cédric Kalonji | 31 mars 2006 11:43:41 | Commentaires (12)

Mots clés : Bukavu.

Jeudi 23 mars 2006

Enfants sorciers, enfants de rue, un véritable fléau pour la société congolaise.

De retour du travail ce soir, j’ai reçu la visite d’un ami et collègue de service qui voulait prendre un verre et discuter avec moi. Nous sommes allés tout près de chez moi dans un bar que je trouve très sympa, le NEW REX.

 

C’était environ vers 22 heures 30 minutes, pendant que nous prenions notre verre, j’ai reçu un coup de fil. Il a fallu donc que je sorte du bar parce que la musique y était très forte. Apres mon appel, en rentrant dans le bar, j’ai aperçu près de l’entrée un  très jeune enfant couché par terre. J’ai posé la question aux gardes du bar de savoir qui était cet enfant et pourquoi il était couché là à pareille heure. J’ai reçu la réponse que c’était un enfant qui n’avait pas de famille et qui dormait là toutes les nuits depuis des mois.

 

Premier réflexe, faire une photo de lui. Je l’ai ensuite réveillé et je lui ai posé quelques questions histoire d’en savoir un peu plus sur lui. J’apprendrai que le gamin qui s’appelle Grâce n’avait que huit ans. Il n’a jamais connu son père et sa mère est décédée depuis 2004.

 

Son oncle qui l’a recueilli après la mort de sa mère s’en est débarrassé l’accusant de sorcellerie. Le petit dort donc devant ce bar depuis plus de trois mois vêtu des mêmes vêtements et obligé de mendier pour trouver de quoi s’acheter à manger.

 

Il m’a avoué n’avoir rien mangé de la journée. Je lui ai donné quelques francs pour qu’il se trouve à manger mais j’ai bien conscience du fait que ce n’est pas suffisant. Ce petit qui n’a pas demandé de venir au monde a besoin d’attention, d’amour et d’éducation mais que puis-je faire avec mes moyens limités ? Je lui ai promis de me renseigner pour lui trouver un centre pouvant l’accueillir mais je ne suis pas certain d’en trouver un qui l’accepte.

 

Majorité de congolais prétendent prier et se conformer aux écrits de la bible mais bien que celle-ci prône l’amour, ils sont très peu à en manifester.

 

Ils sont de plus en plus nombreux ces enfants envoyés dans la rue parce que des “pasteurs” auraient reçu de Dieu la révélation qu’ils sont sorciers.

 

Ils se retrouvent donc tous seuls, rejetés par leurs familles et vulnérables à toute sorte de prédateurs.

 

Aucune loi ne condamne les auteurs de ces actes et rien n’est fait au niveau du gouvernement pour venir en aide à ces pauvres enfants victimes de la cruauté des adultes. Quels sont les rôles des ministères des affaires sociales, des droits humains et de la jeunesse ?

 

Les quelques particuliers et ONG sensibles à la cause de ces enfants sont limités en terme de moyens.

 

Ne dit-on pas que la jeunesse était l’avenir ? Quel est donc l’avenir du Congo de telles réalités ?

Posté par Cédric Kalonji | 23 mars 2006 01:21:52 | Commentaires (10)

Mots clés : Kinshasa.

Mardi 21 mars 2006

Le long parcours du foufou avant de finir dans les ventres des Kinois

Un étalage de vente de Farine de manioc. Il y en a quasiment dans tous les coins de rues de Kinshasa. J’ai déjà parlé des voyageurs qui allaient chercher les cossettes de manioc en provinces… la suite c’est qu’une fois arrivés à Kinshasa, le souci pour ces voyageur c’est de vendre sa marchandise.

 

Que ce soit dans les parkings pour les camions ou dans les Mabongo (pluriel de Libongo qui veut dire port en Lingala) pour les bateaux, ceux qui en ont les moyens se procurent ¼, ½ ou tout simplement un sac entier de cossettes de manioc. De là naît une nouvelle forme de commerce… Les mamans vont acheter ces cossettes qu’elles vont faire moudre et revendre en petite quantité et à petit prix dans les quartiers modestes de la ville.

 

Cela permet à tous ceux qui ne peuvent pas s’acheter les cossettes en grande quantité de s’acheter une petite quantité de farine étant donné qu’une bonne partie des kinois vit du jour au jour.

Posté par Cédric Kalonji | 21 mars 2006 01:04:22 | Commentaires (2)

Mots clés : Kinshasa, Social, Manger.

Samedi 18 mars 2006

Vive les élections !

En sortant de chez moi ce matin, j’ai croisé une bonne centaine de jeunes tous habillés en tee-shirt PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) parti du président de la république Joseph Kabila.

Les gens ont l’habitude de mettre de tee-shirts sur lesquels sont imprimés les têtes ou de la pub des politiciens mais en voyant aujourd’hui un aussi grand nombre de jeunes habillés comme ça, je me suis dit qu’il se passait quelque chose.

Trois de mes amis faisaient parti du groupe. Je leur ai demandé ce qui se passait et ils m’ont révélé qu’ils se rendaient dans une réunion du PPRD. J’étais un peu surpris d’entendre cela parce que comme beaucoup de jeunes Kinois, mes amis n’ont jamais montré d’intérêt pour la politique. Je leur ai posé la question de savoir quelles étaient leurs motivations en se rendant dans cette réunion et ils m’ont répondu qu’ils y allaient parce qu’ils recevront un peu d’argent à la fin.

Un tee-shirt tout neuf, à boire et à manger pendant la réunion et 1000 à 2000 Francs Congolais par personne (1$ Américain = 435 Francs Congolais) à la fin c’est une aubaine pour ces jeunes, qui pour la plupart sont chômeurs et sans certitude de trouver un emploi.

De retour de leur réunion, j’ai posé à un des jeunes la question de savoir quelle était la signification du sigle PPRD et il a été incapable de me répondre. Allez donc lui poser la question de savoir quel était le programme de société de ce parti…

De réunions comme celles ci, la majorité des partis politiques en organisent de plus en plus régulièrement et ce dans tous les coins du pays.

Je trouve personnellement grossier que les politiciens profitent ainsi de la vulnérabilité des jeunes pour acheter des voix pour les élections qui leur permettront de rester au pouvoir et de s’enrichir encore plus personnellement au détriment du reste de la population.

On peut déjà se faire une idée sur celui qui remportera les élections… Sans doute celui qui aura le plus de sous à miser pour s’acheter de voix.

Posté par Cédric Kalonji | 18 mars 2006 20:13:14 | Commentaires (4)

Mots clés : Elections, Politique, Kinshasa.

Jeudi 16 mars 2006

La pluie. un cauchemar pour beaucoup de Kinois

Il a plu ce matin. Bon; Il n'y a pas vraiment eu besoin de remplir les récipients parce qu'après une semaine l'eau coule à nouveau de mon robinet.

 

Le problème c'est que comme tous les jours de pluie je savais que je devais faire un peu de sport en sautant de temps en temps pour éviter les flaques d’eau et la boue sur les routes en me rendant au boulot.

 

Ça a bien marché à l’aller mais au retour le soir, j’ai été obligé de patauger dans la boue parce que je ne pouvais pas faire autrement pour regagner la maison.

 

Je n’ai pas à me plaindre. Ça va encore pour moi parce qu’il y en a qui doivent prendre la pirogue ou nager pour sortir de chez eux les jours de pluie.

Posté par Cédric Kalonji | 16 mars 2006 23:50:32 | Commentaires (1)

Mots clés : Kinshasa.

Dimanche 12 mars 2006

Koba. Un garçon qui n'a pas beaucoup de chance

On l’appelle Koba (tortue en lingala). C’est un Shegué (enfant de rue) qui traîne aux alentours de la MONUC (Mission des Nations Unies au Congo).

 

Si je dis qu’il n’a pas de chance, c’est parce qu’en plus d’être dans la rue, il  est bossu.

 

Quel est son âge? Je ne sais pas et il ne le sait pas non plus ; Ça fait bien trop longtemps qu’il est dans la rue et je pense qu’il a bien plus important a faire que se souvenir de sa date de naissance. Je sais juste qu’il est trop jeune et que ce n’est pas facile pour un enfant de vivre dans la rue et de devoir mendier ou voler pour vivre.

 

Il se drogue très souvent peut être bien pour oublier sa souffrance. Il n’a jamais accepté que je le prenne en photo mais le jour où je l’ai fait il était bien drogué et il m’a demandé 100 francs en échange d’une photographie de lui.

 

Rien n’est fait pour aider ces enfants même quand ils ont un handicap. Les politiciens s’en servent pour remplir les salles lorsqu’ils ont des réunions ou autres manifestations politiques.

 

500  francs congolais (un tout petit peu plus qu’un dollar américain), un tee-shirt sur lequel est imprimée la photo du politicien,  c’est toute la récompense pour applaudir même quand le type raconte des histoires à dormir debout.

 

Je trouve vraiment inhumain de se servir comme ça de ces enfants alors qu’il faudrait plutôt les aider à se rendre utiles à la société et puis je pense que c’est une bombe a retardement.

 

Que deviendront tous ces enfants sans éducation et instruction une fois devenus adultes ?

Posté par Cédric Kalonji | 12 mars 2006 19:27:20 | Commentaires (11)

Mots clés : Kinshasa, Enfants de la rue, Social.

Samedi 11 mars 2006

La pluie à Kinshasa bénédiction ou malédiction ?

Réveil sous la pluie ce matin. Il a plu pendant presque 12 heures. Habituellement la pluie à Kinshasa n’est pas vraiment une bénédiction; les routes se transforment en piscines; le transport devient compliqué… Mais pour aujourd’hui et pour ma famille et mes voisins, c’est une aubaine.

 

Ça fait presque trois jours qu’aucune goutte d’eau n’est sortie de nos robinets. C’est fréquent de rester comme ça pendant de jours sans eau et même sans électricité. Chez moi, il a fallu acheter plein de récipients pour stocker de l’eau au maximum.

 

Lorsque les réserves d’eau s’épuisent, il faut aller en chercher où ça coule et ce très souvent à de kilomètres. Même problème pour l’électricité. Coupures intempestives, baisse et hausse de tension…

 

Le comble dans tout ça c’est que les factures elles sont toujours régulières et de plus en plus chères.

 

Il y a quelques mois, les habitants de la commune de bandalungwa ont incendiés par colère un bureau de SNEL (Société Nationale d’électricité) parce qu’ils ont reçu de factures alors qu’ils sont restés tout un mois sans électricité.

 

On m’a souvent accusé de faire de la mauvaise pub pour mon pays mais ceci est une réalité et elle ne se vit pas que dans la ville de Kinshasa. Toute la ville de Mbandaka par exemple est sans électricité depuis des années.

 

Je dois faire de propositions ? Eh bien que les Bakonzi arrêtent d’acheter les groupes électrogènes et se décident de remettre sur pied la SNEL et La REGIDESO. Qu’ils pensent un peu à tous ces pauvres congolais incapables de s’acheter un groupe électrogène ou de se construire une citerne.

Posté par Cédric Kalonji | 11 mars 2006 12:10:59 | Commentaires (3)

Mots clés : Kinshasa, Electricité, Eau.

Les vivants peuvent-ils cohabiter avec les morts ?

Je vais souvent passer mes dimanches avec des amis au bord du fleuve. Il y a de sites privés aménagés pour recevoir de visiteurs qui veulent passer du bon temps au bord du grand fleuve Congo. Vous pouvez manger ou prendre un verre en regardant le fleuve ou même vous y baigner.

 

Le site que je préfère c’est Mbudi nature qui se trouve à environ 1 heure du centre ville. Sur le chemin, nous dépassons le cimetière de Kinsuka qui ressemble plus à une brousse. Si on peut encore l’appeler cimetière, c’est parce que le gouverneur de la ville avait pris la décision de détruire toutes les maisons qui y ont été construites.

 

Les constructions anarchiques, c’est un vrai problème dans cette ville; les gens s’attaquent même aux cimetières ! 

 

C’est vrai ! Il y a de gens qui entraient dans le cimetière la nuit, cassaient, nettoyaient et ne laissaient aucune trace de tombe. Ensuite ils pouvaient construire leurs habitations. Les papiers de propriété leurs étaient livrés par les chefs de quartier en complicité avec la commune.

 

Ce cimetière n’est pas le seul à subir ce sort. Il y a aussi celui de Ngiri-ngiri en face de la boulangerie Maman Poto. Apres la destruction de toutes les tombes, les constructions avaient déjà commencées mais elles se sont vues arrêter sur décision du gouverneur de la ville. C’est maintenant un terrain vide. Pour combien de temps ?

Posté par Cédric Kalonji | 11 mars 2006 00:42:39 | Commentaires (2)

Mots clés : Kinshasa, Constructions anarchiques.

Mardi 07 mars 2006

Kinshasa le grand chantier

UNION EUROPEENNE

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

TRAVAUX DE REABILITATION DE l’AVENUE OUA

DEBUT DES TRAVAUX : 
FIN DES TRAVAUX :

Financement : 7è FONDS EUROPEENS DE DEVELOPPENT

France, Belgique, Danemark, Allemagne, Grèce, Espagne, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume uni.

Maître d’ouvrage: DELEGATION DE LA COMMISSION EUROPEENE en république démocratique du Congo

Maître d’œuvre : PROGRAMME D’APPUI A LA REABILITATION
                                   CE/PART II 

Cellule de gestion de projet (CGP)

Entreprise : SAFRICAS

Des pancartes comme celle-ci, on peut en voir partout dans la ville de Kinshasa qui est devenue un grand chantier. On pourrait s’en réjouir mais il faut faire attention parce que ces réparations ne durent pas longtemps…

Au bout d’une année, retour à la case départ et il faut de millions pour une nouvelle réhabilitation.

Ah Congo! Neti kaka libabe... Bana na yo balingi kaka oleisa bango kasi balingi kobongisa to kosalisa yo te! Pasi Mingi… Soki tolobi oh tolobaka ! 

Les dates de début et de fin des travaux semblent être de détails anodins. Je crois qu’on devrait peut être mentionner qui va payer toutes ces dettes.

Posté par Cédric Kalonji | 07 mars 2006 01:40:58 | Commentaires (6)

Lundi 06 mars 2006

Les voyageurs qui nourrissent la ville de Kinshasa

N’étant pas congolais ou n’ayant jamais mis les pied au Congo, beaucoup seraient sans doute surpris de voir un camion transporter du monde entassé sur de sacs de cossettes de manioc, avec de fûts et gourdes d’huile…

L’aliment de base qui accompagne pratiquement tous les repas des Kinois et de plusieurs congolais, c’est le foufou, une pâte à base de farine de manioc mélangée des fois avec de la farine de maïs. L’huile de palme sert aussi beaucoup dans la cuisine congolaise et personnellement, il y a de plats que je ne supporterai jamais de manger s’ils n’ont pas été faits avec de l’huile de palme.

Kinshasa ne produisant ni Manioc, ni maïs, ni d’huile de palme, tout vient des provinces du Bandundu ou du Bas Congo voisines par route ou de la province de l’équateur ou la province orientale par bateau.

En bateau ou par la route, ce n’est pas un jeu d’enfant. En quittant Kinshasa, les voyageurs s’entassent avec de marchandises de la ville: habits, chaussures, savons, huile d’arachide importés qu’ils vont vendre ou troquer avec les villageois.

Au retour, ils reviennent entassés sur de sacs de cossettes de Manioc, de l’huile de palme et bien d’autres produits agricoles.

Ce qui me surprend personnellement c’est la capacité de mes frères qui tiennent sans se plaindre sur un camion en très mauvais état la plupart du temps pour de distances de près de 400 Kilomètres mais je sais aussi que s’ils ne le faisaient pas, je n’aurai pas mon foufou que j’aime bien manger tous les jours...

Je me souviens vers les années 1996, lors de la guerre menée par Kabila pour renverser Mobutu, Kinshasa est restée quelques semaines coupée du reste du pays et la crise s’est vraiment faite ressentir. Le Foufou était rare et coûtait 4 à 5 fois plus.

Posté par Cédric Kalonji | 06 mars 2006 02:58:43 | Commentaires (2)

Mots clés : Kinshasa, Social.

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